ADEST

Association de Défense de l'Environnement du Site des Tourneix


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Les Tourneix font du bruit – Article de la NR du 17 Novembre

Les premières critiques publiques d’élus contre le projet de Pôle des sports mécaniques ont marqué le conseil communautaire, vendredi.

En attendant le lancement de l’enquête publique, sans doute au début du mois de janvier, l’ombre des Tourneix a plané sur le conseil communautaire, vendredi. C’est un simple rapport sur la situation de la Communauté d’agglomération castelroussine en matière de développement durable qui a mis le feu aux poudres.

Gil Avérous : «  Je suis pour ce projet, il y aura des retombées  »

« Ce rapport doit s’appliquer à l’ensemble de la communauté. Cependant, en autorisant l’implantation du circuit automobile aux Tourneix, vous allez à l’encontre de l’agenda 21, a déclaré Nathalie Pavelzyk, une élue déoloise, opposée au projet de Pôle des sports mécaniques financé par la société Promo-Saxe. Je ne vois pas comment nous pouvons préserver la biodiversité en détruisant la faune et la flore sur ce site, en la remplaçant par du bitume. Comment assurer l’épanouissement des habitants, notamment ceux de Saint-Maur Bel Air et Luant lorsque le bruit des moteurs aura remplacé le calme actuel. Le promoteur annonçant même son objectif d’ouvrir le circuit, la nuit. »
Dans un premier temps, le président de la Cac, Gil Avérous, a rappelé que le sujet concernait la ville de Châteauroux, propriétaire du terrain, et non la Cac. « Ce n’est pas vraiment à l’ordre du jour. » Dans un second temps, il s’est fait plus précis : « Je pense que l’analyse que vous en faites est réductrice au regard des études réalisées et des efforts faits par le promoteur. C’est un projet que nous soutiendrons avec le reclassement des activités existantes ». François Jolivet, maire de Saint-Maur, qui refuse de se « prononcer sur le fond », a voulu éteindre le début d’incendie en précisant « que toutes les parties pourraient s’exprimer à l’occasion de l’enquête publique ». Mais c’était sans compter sur Jean Petitprêtre, maire du Poinçonnet : « Je partage les questionnements de la collègue de Déols ! Je rappelle que Le Poinçonnet n’est pas si éloigné que ça du circuit des Tourneix. Nous avons également un certain nombre d’habitants qui sont membres des associations. J’ajoute que les questionnements concernent toute l’agglomération, avec des communes comme Luant ». Gil Avérous a tenté, une nouvelle fois, de jouer les pompiers : « Il n’y a jamais eu d’enquête publique lors de l’installation des associations existantes aux Tourneix. Tout le monde s’en accommodait. Moi, je fais partie des élus qui veulent se battre pour le développement du territoire. Je suis pour ce projet, il y aura des retombées économiques ». C’est le maire de Luant, Didier Duvergne, qui a eu le mot de la fin en rappelant que son conseil municipal avait émis un avis défavorable (lire « repères »).

repères

Luant est contre. Lors de la séance du 13 octobre, le conseil municipal de la commune a émis un avis défavorable par dix votes pour (l’avis défavorable) ; deux contre et une abstention au projet de Pôle des sports mécaniques. « Si Luant n’est pas impliquée dans ce projet, qui n’est pas sur sa commune, ce sera la première commune impactée, car c’est elle qui se trouve le plus près du circuit », est-il écrit dans la délibération qui souligne « les incohérences du projet, les impacts sur le milieu naturel et humain, l’absence totale de concertation entre le promoteur et la commune de Luant, la plus impactée physiquement par ce projet. »

Xavier Benoit
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A lire également l’article « Tant d’émotions, si naturelles » de Michel Guilbert sur son blog

http://moeursethumeurs.blogspot.fr/2014/10/tant-demotions-si-naturelles.html

Extrait :

« L’automne est là. Les feuilles tombent, le moral de l’homme aussi. La France est morose. Elle a l’impression d’aller à vau l’eau ou même de régresser. Elle a tort. Les projets économiques novateurs n’y manquent pas. Trois exemples parmi d’autres.

En Indre, à deux pas de Châteauroux, aux portes du Parc naturel régional de la Brenne, se développe un projet qui place « l’environnement et la nature en pôle position » (1). Un jardin public? Une réserve naturelle? Un village de vacances écolo? Un Futuroscope axé sur la nature? Mieux que cela: le « Pôle des sports mécaniques du Centre ». Le promoteur entend créer une piste asphaltée de trois kilomètres de long, ainsi qu’une piste pour les essais de constructeurs et des compétitions auto et moto, plus toutes les infrastructures nécessaires à ce type d’activité. Le tout sur 80 hectares, entre deux étangs. Sur l’une des pistes, les véhicules pourront atteindre la vitesse de 270 km/h. La nature? Elle sera préservée au maximum, assure le promoteur qui plantera, en plus de l’existant, des arbres, des arbustes et des haies. Même sur les parkings. Et, assure-t-il, « les bulldozers ne passeront pas quand ils veulent: ils laisseront les cistudes (2) et les tritons se reproduire ». Les véhicules de course en feront-ils autant? Arrêtera-t-on les compétitions pour laisser les batraciens traverser la piste? Non, le promoteur a pensé à tout: « les véhicules qui seront utilisés sur les différentes pistes ne devront pas dépasser le seuil légal de 95 décibels, soit le bruit d’une tondeuse à gazon » (3). Et ça, c’est vraiment génial, parce que si vous avez cinq, dix, quinze tondeuses à gazon qui tournent à longueur de journée, les animaux resteront terrés là où ils sont à l’abri. Et la nature sera préservée. Les habitants? Ils vivent loin de là, paraît-il. En tout cas, à plusieurs centaines mètres. Et on érigera des merlons pour atténuer le bruit (4). L’environnement et la nature en pôle position, on vous dit. »


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La Nouvelle République du 8 Novembre – Tourneix :  » Le circuit me fait craindre le pire « 

Jacques Blin, du Poinçonnet, ne cache pas son inquiétude sur l’impact environnemental du projet de circuit automobile aux Tourneix.

Il me semble difficile, voire impossible, de concilier environnement, nature avec un tel projet (1), le Parc naturel régional de la Brenne étant à proximité. Il n’y a que sur le papier que l’on peut exprimer de telles incohérences (sur le terrain, il en sera tout autrement). Je ne pense pas qu’avec 64 mares créées, les crapauds et grenouilles viendront s’y reproduire avec un tel bruit, de même pour la reproduction des oiseaux. C’est un désert faunistique annoncé !

«  Un sport très polluant  »

Une étude sur le bruit payée par le promoteur me laisse dubitatif : on peut espérer la plus grande objectivité ! Quand 30 tondeuses à gazon fonctionnent en même temps, est-ce que cela donne toujours 95 décibels ? Des dérogations sont exprimées, on peut craindre le pire dans la durée ! A aucun moment n’est évoquée la pollution de l’air alors qu’on nous rabat les oreilles depuis des années avec le réchauffement climatique, les particules atmosphériques, l’écotaxe, etc. C’est sans doute l’un des sports les plus polluants qui existe.
On nous demande d’adopter à longueurs de pages médiatiques, par tous les moyens qui soient, radio, télé, journaux, un comportement éco-responsable, en voiture, pour moins polluer, il me semble donc tout à fait logique de promouvoir les sports mécaniques, non ?
Le soutien du ministère de l’Écologie est pour le moins surprenant, mais en ces temps où tout et son contraire sont monnaie courante, nous ne sommes plus à une incohérence près. Et puis, quand il s’agit d’un projet de 15 millions d’euros, ça aide très certainement à donner un avis favorable. Mais quel sera, au final, l’impact économique sur le département mise à part l’éventuelle création de 8 emplois ? Pour finir cette liste d’incohérences désespérantes, un rapport de 1.000 pages que pas grand monde ne va lire dans son intégralité. En Brenne, il y a des couleuvres, certes, mais certaines ne sont vraiment pas faciles à avaler.

(1) Le mandataire du promoteur avait détaillé différents aspects du projet, y compris environnemental, dans notre édition du 23 octobre.